La petite entreprise de Pécresse ne connaît pas la crise



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La présidente de la région Île-de-France réunit ce mardi son mouvement, Libres !, et installe douze groupes de travail.

Début septembre, Valérie Pécresse, non-candidate à la présidence des Républicains, lançait son mouvement, Libres!, pour «oxygéner la droite» et défendre au sein du parti LR une droite «ferme, sociale et réformatrice». Deux mois plus tard, la présidente de la région Île-de-France, qui revendique le soutien de 70 parlementaires et 500 élus, passe la seconde en réunissant ce mardi une quarantaine d'élus autour d'elle à 17 heures à Paris. Objectif: commencer à structurer le travail de fond en installant douze groupes articulés autour de deux fils rouges, «les opportunités» et «les menaces qui pèsent sur la société française».

Des questions très diverses seront abordées comme «la fin du tout-gratuit dans les services publics», «l'opportunité du Brexit pour booster la ruralité», «la lutte contre l'économie souterraine», «la place pour les femmes dans l'espace public», «comment mettre fin à la filière d'immigration organisée des mineurs isolés», « comment construire un concordat avec l'islam pour mettre fin à la dérive de l'islamisme», «quelle politique de la France pour l'Afrique», etc. Vaste chantier, donc, qui devrait déboucher sur la publication de «Cahiers iconoclastes» en 2018.

«Nous devons rénover le logiciel de la droite, adapter les solutions à la France d'aujourd'hui» - Valérie Pécresse

«Nous devons rénover le logiciel de la droite, adapter les solutions à la France d'aujourd'hui», confie au Figaro Valérie Pécresse. «Ce qui compte, c'est la bataille des idées, pas la bataille des décibels», ajoute-t-elle dans une petite pique adressée au favori de la campagne des Républicains, Laurent Wauquiez. «Depuis des années, nous sommes sur les mêmes solutions, les mêmes thèmes. Nous devons profondément renouveler nos pistes de réflexion pour redonner envie de la droite et être un aiguillon», précise-t-elle. «Les choses bougent. Nous devons prendre un temps d'avance!», indique-t-elle encore. «Le sujet, pour nous, c'est le fond et l'avenir!», prévient Valérie Pécresse.

Une façon aussi de ne pas laisser totalement le champ libre au nouveau président des Républicains dans la reconstruction du parti et du corpus idéologique de la droite. Surtout s'il s'agit du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes… avec lequel la compétition est lancée. «Ce n'est pas en reprenant les vieilles recettes, en tombant dans le populisme ou la nostalgie du passé que nous reconstruirons la droite, fait valoir Valérie Pécresse. Pour que ça fonctionne, il faut ramener à nous la société civile. Elle ne viendra que dans un mouvement d'idées car on ne risquera pas de voir des propositions iconoclastes se faire retoquer par un bureau politique.»

Un «comité de sages»

Alors que Les Républicains ont lancé depuis plusieurs mois les Ateliers de la refondation et que la campagne pour la présidence du parti bat son plein, la présidente de région construit sa petite entreprise. «Les Ateliers de la refondation sont ponctuels. Nous entreprenons un travail sur quatre ans», assure-t-elle, soutenue dans sa démarche «par de nombreux élus».

«Aujourd'hui, nous sommes en mesure d'avoir des représentants dans tous les départements» - Valérie Pécresse

Ce mardi, de nombreux responsables LR venus de toute la France seront présents autour de Valérie Pécresse: des primo-députés élus en 2017 à l'image de Robin Reda (Essonne), Éric Pauget (Alpes-Maritimes), Jean-Carles Grelier (Sarthe), Jérôme Nury (Orne), Frédérique Meunier (Corrèze) ; mais aussi des élus locaux: Xavier Bonnefont, maire d'Angoulême ; David Lisnard, maire de Cannes ; Frédéric Soulier, maire de Brive-la-Gaillarde ; Marie-Claude Jarrot, maire de Montceau-les-Mines ; Laurence Arribagé, présidente de la fédération LR de Haute-Garonne ; Nicolas Florian, adjoint au maire de Bordeaux, ainsi que des sénatrices comme Laure Darcos (Essonne) et Sophie Primas (Yvelines). «Aujourd'hui, nous sommes en mesure d'avoir des représentants dans tous les départements», assure Valérie Pécresse, qui compte faire monter une nouvelle génération d'élus LR, tout en s'appuyant aussi sur un «comité de sages». Parmi eux, le président du Sénat, Gérard Larcher, ou Éric Woerth, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

Dans quinze jours, une prochaine réunion de Libres! est déjà programmée à Paris, avec l'ensemble des élus locaux présents à l'occasion du congrès des maires de France. Pas question pour Valérie Pécresse de rester inactive avant l'élection du candidat des Républicains…