Valérie Pécresse défend "une écologie d'espoir face à l'urgence climatique"

TRIBUNE - La candidate à la présidentielle, et présidente de la Région Ile-de-France, Valérie Pécresse, livre dans une tribune au JDD sa vision de l'écologie.


Valérie Pécresse, candidate à la présidentielle et présidente de la Région Ile-de-France prône une "écologie d'espoir". Voici sa tribune : "Pluies diluviennes ou sécheresses extrêmes, partout et de plus en plus fréquentes, témoignent des dérèglements climatiques et d'un réchauffement que les conclusions alarmantes du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) nous commandent d'affronter avec une énergie décuplée. Oui, l'urgence climatique impose une action beaucoup plus déterminée et complète que celle qui est menée aujourd'hui. Une action qui redonne espoir aux Français en un autre avenir que celui du déclin, des sacrifices et de l'effondrement.


L'écologie ne peut être le monopole des idéologues verts, qui se perdent dans des guerres picrocholines contre les sapins de Noël ou le Tour de France. Elle ne peut pas non plus se résumer à une conférence de citoyens tirés au sort, qui délégitimerait et écarterait des décisions toutes les instances représentatives du pays : élus, syndicats ou associations.


Je refuse la vision punitive de l'écologie, qui se révèle autoritaire et antisociale

Je refuse la vision punitive de l'écologie, qui se révèle autoritaire et antisociale, en frappant à coups de taxes et d'amendes tous ceux qui n'auraient pas les moyens d'être vertueux. Je veux faire vivre une nouvelle forme d'écologie, une écologie de progrès et de solutions, qui améliore vraiment la vie des Français en mobilisant leur dynamisme et leur inventivité. Redevenons une société d'innovation, pas une société de précaution excessive, qui aide aussi bien les entreprises que les agriculteurs et les particuliers dans leur transition écologique. Cette écologie doit être une écologie des résultats.


Un peu de bon sens! Taxer davantage les carburants nécessaires à des millions de Français pour aller travailler ne pouvait que susciter le sentiment d'injustice des 'Gilets jaunes'. Mettre en place des "'zones à faibles émissions' est louable, mais représente une contrainte insurmontable pour ceux qui n'ont pas les moyens de changer de voiture. Oui, il faut inciter les professionnels et les particuliers à passer au véhicule électrique. Mais où sont les bornes de recharge indispensables? Et où en sont les filières industrielles françaises de production de tous les modes de transport électriques? Pourquoi nos lois sont-elles si complexes qu'elles conduisent à faire annuler en justice tant de grands projets de transport ferroviaire après des années de concertation, alors qu'ils sont d'intérêt écologique?


Redevenons une société d'innovation, pas une société de précaution excessive

Bien sûr, c'est à l'Etat de fixer le cap si nous visons sérieusement la neutralité carbone en 2050. Il ne doit pas chercher à tout contrôler de manière tatillonne, comme dans la loi climat. Il doit être stratège et orchestrer une adaptation profonde de tous les usages, de l'agriculture à l'industrie en passant par le logement.


L'objectif d'une France libérée des énergies fossiles et indépendante impose une politique énergétique extrêmement volontariste qui réinvestit dans notre industrie nucléaire, filière d'excellence française, et poursuit un développement soutenu des énergies renouvelables. Il nous faut rénover le parc nucléaire existant, relever le défi industriel des EPR et envisager des petits réacteurs modulaires. Pour les renouvelables, nous devons développer nos capacités de stockage et veiller, pour l'éolien, à associer les habitants en instaurant des zones de protection de nos paysages remarquables ou de nos zones de pêche. Enfin nous devons innover dans les technologies de demain comme l'hydrogène.


La transition écologique peut être coûteuse, faisons-en un atout pour défendre nos emplois!

La transition écologique peut être coûteuse, faisons-en un atout pour défendre nos emplois! Nos entreprises qui respectent des réglementations exigeantes ne doivent plus subir le dumping environnemental de leurs concurrentes hors d'Europe. La Commission européenne vient enfin de proposer d'introduire un prélèvement carbone à nos frontières. Il était temps! Allons plus loin et généralisons aussi les clauses de contenu carbone dans tous les contrats publics et privés pour favoriser nos circuits courts agricoles comme industriels. La préférence européenne a une vraie légitimité écologique.


'Notre maison brûle', avait dit Jacques Chirac. Nous devons et nous pouvons éteindre l'incendie. Je porte une écologie de l'espoir. Il s'agit d'inventer et de mettre en oeuvre, enfin, une écologie au service de la France et des Français."